Souventon me demande si je suis capable de reconnaître un vrai talent

Heure publiée:2019-02-26 15:35

Question impossible à répondrepuisque un vrai talent ne peut s’apprécier que lorsque la page d’une existencese referme et de nombreux yeux ont balayé l’univers de cette artiste et ont ététouchés au point de communiquer. J’ai rencontré de grands artistes qui ontperdu ce qui les rendait grands par les accidents de la vie. J’ai rencontré degrands  artistes que le public en généraln’a pas ressenti.Je réponds donc en deux temps : Que vois-je dans une œuvre quime fait penser à un grand talent ? Et que vois-je dans un artiste qui mefait penser à un grand talent ?

Avec Qianmei je vois les élémentsfondamentaux  d’une rencontre où tant sonœuvre que sa personnalité me font penser à un vrai talent.

Son œuvre d’abord m’agresse d’unefaçon incroyable par la matière qui ne ressemble à rien de ce que j’ai pu voirjusqu’à maintenant posant immédiatement la question du pourquoi, comment. Avecun peu de recul, j’imagine des impressions. Mais en me rapprochant, je vois untravail que je n’arrive pas à comprendre et qui me semble mu par une logiqueplus forte que tout, et complètement cohérente, qui me force à rechercher ceque je ressens. Force d’éléments naturels assemblés par une rage de créer quivous saute au visage. Puis comme un test de Rorschach un plongeon profond dansles réactions provoquées sur mes yeux et mon ressenti. Je pense à mes blessuresintimes, mon jardin intime que je cache si bien, une explosion, un cri de joie,un cri de rage. Superbe catalyseur qui me fait fixer son tableau tout enadmirant la facture et la finition.

L’artiste ensuite, puisque je voisau premier regard transpirer son jardin intime avec une indécenceprovocatrice : Oui c’est moi je souffre, je me bats, je prends tout ce quela vie m’apporte et je le jette sur ce canevas pour le partager avec vous.Quelle honnêteté unique dans sa candeur. Au bord du gouffre tout en sachant queje survivrai ne serait ce que pour panser mes blessures qui ne seront jamaispansées. Une colère qui ne s’arrêtera jamais et que j’emporterai avec moi. Toutca calmé temporairement par ces paysages tibétains si reposants.

Comment ne pas exposer une telleévidence. Dans cet endroit merveilleux. Là encore, notre galerie reste fidèle àson objectif qui est de partager ce que nous aimons, ce qui nous fait réagir etnon chercher à se fondre dans une mode, une école pour plaire à un public.

Philippe Staib | fondateur


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